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SURFAR BLED

« Vous êtes des amateurs du surf ?! »

À l’entrée d’Agadir, un policier Marocain avec son plus pur accent arrête notre voiture avec 2 grosses housses de planches sanglées sur le toit.
« Soyez les bienvenus. »
Direction Taghazout pour rendre visite à un ami qui nous confirme qu’au vu des petites conditions et pour notre courte semaine de trip, c’est d’abord dans le sud qu’on doit aller pour surfer.
Une houle de 2m est annoncée d’ici 3-4 jours, inch’allah.

C’est 5 heures de route plus tard que l’on arrive dans la petite ville côtière de Sidi Ifni, un peu avant le coucher du soleil. Guidés par Guihem qui connaît déjà, Yan et Adrien vont se dégourdir les jambes sur une petite gauche d’un bon mètre, presque lisse une fois le vent tombé. Adrien attaque en shortboard alors que Guilhem déroule en Acid. Au pays des droites, les 2 goofy se marrent.
Sidi Ifni est un p’tit bled vraiment charmant, pas encore bouffé par le tourisme de masse. Les couleurs pastel sur les murs délabrés nous dépaysent direct, les visages et l’hospitalité des locaux aussi. On n’y est pas pressé et ça nous va très bien ! La gastronomie et les produits locaux remportent tous les suffrages.
Le lendemain matin nous offre des petites gauches sur le même banc de sable, juste devant le bled. La droite du l’autre côté du chenal n’a pas encore assez de houle pour bien marcher, on devine juste un bon potentiel. On part de la chambre en combis, boards sous le bras. Les vacances ! Adrien impressionne en alaia, vif et super technique, rapide, yalah ! Yan gratte quelques bonnes petites, même si backside c’est moins évident. Guihem profite de l’occasion pour surfer le p’tit fish twin fin que RGK a shapé avant le départ.
Le vent se lève à mi-journée et nous partons plus au sud se faire une idée du potentiel de surf dans les environs. Le soleil cogne et on chille un moment chez un local qui nous offre un bon vieux thé à la marocaine, très apprécié !

« Levez-vous, la droite marche !»
Ok il est 6h du mat et la fatigue accumulée rend le réveil difficile. J’ai les yeux collés, mais je distingue une belle série qui pète de la fenêtre de la chambre. S’en suivent 2 heures de droites glassy d’1m/1m20 sans vent, solo, avec le Spacepig. Les potos prennent ensuite le relais suivis de quelques locaux ; pas de photo de la session, on sort la 8mm.
L’arrivée de ce swell nous permettra de trouver dans l’après-midi du surf dans les environs ; on se met dans une petite crique où l’on voit un petit wedge de droite casser, pas loin des cannes d’un groupe de pêcheurs. Pas de problème pour eux du moment qu’on fait gaffe aux lignes, les petites droites s’enfilent comme des perles ! L’eau est limpide et la roche rouge achève le tableau.

Pour le 4ème jour du trip, cap au nord, les prévisions s’annoncent favorables. Guihem nous parle sans cesse depuis le début du trip d’un spot fou, capricieux, très difficile d’accès. D’un petit bled où on n’arrive pas par hasard, on a marché plus d’1h, fouettés et bougés par le vent en haut des falaises, pour finalement apercevoir…un point-break de droite incroyable, protégé du vent !
Il faut ensuite descendre en se passant les boards pour se poser sur un bout de sable uniquement découvert à marée basse. Ca se mérite.
C’est de l’or : personne, 1m/1m20 offshore qui déroule sur quasi 200m, quelques rapides sections parfois. Les alaias sortent, ça glisse, tout le monde se gave et profite du moment. Une fois les images faites, je pars les rejoindre au pic. Il ne nous reste plus beaucoup de temps : le soleil se couche et surtout la marée monte.
On se fait presque piéger au retour tant la marée est montée d’un coup, on n’a plus accès au chemin d’arrivée. Dans une bonne heure il fera nuit et on en a encore pour 4 à 5 heures de montant.. !
Par chance, deux pêcheurs nous voient galérer et nous disent par où remonter. Sans eux, on ne trouvait pas. À mi-chemin dans les falaises, ils nous offrent même le thé, dans leur petite grotte sommairement aménagée.
Ils nous racontent comment ils pêchent sur des bouées, la nuit tombée, à remonter les filets à la main.
On rentre exténués au bled le plus proche, il est 23h, pas vraiment l’heure des tapas ici.
Deux hommes complètement bourrés, au fond d’un petit resto, attirent notre attention ; la patronne a du mal à les gérer ! Affamés, elle nous dit que malgré l’heure, elle peut cuisiner. Pour voir la carte des menus, vous repasserez : « si tout le monde il mange un tajine poulet, c’est mieux ! ». Le meilleur tajine du trip, hands down. Sauce pointbreak s’il vous plaît.
5ème jour et veille du départ, le swell tombe et on repart surfer cette droite. Toujours seuls. On ressort la 8mm. Alors que les gars sortent de l’eau pour manger, je fonce surfer ; une fois n’est pas coutume autant en profiter un max avant un retour en France pendant la pleine saison..

Oh fait, Shokran bzzaf Adrien pour la photo !

Texte et photos Guillaume Fauveau

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SURFAR BLED